Oser dire « non » et en assumer les conséquences.

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Le 27/06/2013

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Ce mois de juin a été assez difficile à gérer pour moi et sans doute pour vous tous, d’ailleurs… Plusieurs dates étant fortement chargées énergétiquement ( dont le 06, le 21 et le 23) et amenant chacune son lot de perturbations, nous ont bousculées, frustrées voire renversées afin de rééquilibrer notre niveau de conscience. Je vous passerai les détails de tout ce qu’elles ont générées chez moi pour uniquement m’attarder sur cette prise de conscience qui, pour ma part, était vraiment essentiel à mon évolution…

Plusieurs éléments, ces derniers jours, sont venus pour me confronter à une vielle blessure restée ouverte en me piquant à vif sur cette plaie que je croyais pourtant cicatrisée. Depuis ma plus tendre enfance, j’éprouve ce besoin de plaire à tout le monde et donc d’être ce qu’on appelle « une bonne personne », quelqu’un de serviable, de gentil, de poli, d’intelligent et j’en passe. Pour ça, j’ai toujours été prête à tout donner, tout offrir, tout sacrifier. Bien sûr, je n’ai pas non plus dit que j’étais sœur Thérésa, mais j’en ai toujours fait beaucoup plus pour les autres que pour moi. J’ai toujours fait des choses que je n’avais pas nécessairement envie de faire pour faire plaisir aux autres. Il y a plusieurs raison à cela, ce n’est jamais aussi simple que ça n’y paraît et le nœud est toujours plus gros que ce que l’on ne le croit au départ, mais dans les grandes lignes, j’ai réalisé que je voulais qu’ils soient heureux afin que moi aussi je puisse l’être. Je me sentais, en quelque sorte, responsable du bonheur des autres et automatiquement responsable aussi de leur malheur. Dans cet état d’esprit, il est donc impossible de ne pas faire tout ce qui leur fait plaisir plutôt que de se faire plaisir à soi-même. Même si ça à l’air assez tordu, c’est assez simple pour un enfant d’en arriver à cette croyance. Il suffit de vivre quelques expériences où lorsque vous ne faites pas ce que quelqu’un vous demande ou attend de vous, il s’en suit de la colère ou de la tristesse de sa part pour que ayez vite le sentiment que cela est de votre faute et que donc le malheur de cette personne est du à ce que vous n’avez pas fait ou été. Puis, d’autres expériences vont vous montrer que lorsqu’au contraire vous faites ou êtes ce que la personne désire, elle est contente, et c’est de cette façon que votre croyance se fonde et s’ancre en vous pour le reste de vos jours… Jusqu’à ce que vous soyez confrontez à elle, comme c’est le cas pour moi aujourd’hui ! De cette croyance d’origine, n’oublions pas qu’un tas d’autres parasites viennent se greffer. C’est le cas de la culpabilité qui naît si on ose refuser, de la peur d’entrer en conflit avec les gens qu’on aime et de risquer de les perdre, puis de la plus puissante, celle de ne pas être aimé.

Pour en revenir donc à ce qu’il m’est arrivé cette après-midi, il faut que je commence par le début et donc par ce qui s’est passé les jours précédents…

« Les nerfs à vifs » est je pense la meilleure expression pour définir l’état dans lequel je me suis retrouvée ces derniers jours. J’ai été incapable de dormir une nuit complète sans faire d’insomnies tant j’étais énervée et remplie d’une colère indéfinissable. La moindre chose m’agaçait et comme si cela ne suffisait pas, tout et tout le monde avait l’air de s’acharner contre moi, comme pour enfoncer le couteau au maximum dans la plaie. Je savais très bien que cet état avait une raison d’être et je voulais en trouver la cause, mais plus je m’acharnais à tenter de comprendre mentalement et moins je parvenais à lâcher prise sur ce que je ressentais. Je déteste ces moments où je sens qu’il y a quelque chose que je ne comprends pas, ou devrais-je dire que je n’accepte pas de voir, et qui du coup, prend une forme de plus en plus violente. J’ai bien entendu essayé de méditer pour y voir plus clair, mais j’étais incapable d’entrer même dans un état de relaxation. Et avec le recul, cela est totalement logique, puisque la seule chose qui m’obsédait était de me défaire de cet état sans prendre même le temps de le ressentir et de l’accepter. Vouloir se débarrasser de ce qui nous gêne plutôt que de l’accepter, c’est le piège dans lequel nous tombons tous régulièrement (enfin, moi oui et je suppose que je ne suis pas la seule!). Bref, à mi-chemin entre la névrosée et la paranoïaque, je me battais becs et ongles contre mes propres colères et bien sûr… ça ne marchait pas! J’ai donc finis par accepter, par lâcher prise, par poser les armes et tout c’est petit à petit désamorcé dans mon corps et dans ma conscience.

J’avais déjà réalisé par le passé que je portais cette croyance et j’avais déjà « travaillé » là-dessus et m’étais libérée de nombreuses couches, mais notre évolution n’a pas de limites et le « travail » ne s’achève jamais… Nous avançons, nous libérons, puis nous continuons à avancer plus loin et à libérer plus et cela se répète encore et encore. La même croyance revenait donc à nouveau me percuter de la même manière qu’elle l’avait fait par le passé pour que je puisse me défaire d’elle à un autre niveau de conscience. Ce qui est fou, c’est qu’elle s’est manifestée exactement de la même façon que par le passé, la colère qui naissait à l’intérieure de moi était la même, et malgré tout il m’a fallu plusieurs jours pour comprendre d’où elle venait. C’est dingue comme on refuse inconsciemment de voir et de reconnaître ce qui nous blesse, même lorsqu’on en a déjà fait l’expérience. Les choses se répètent et malgré tout nous persistons dans nos schémas, nous continuons à fermer les yeux, à nous accrocher à ce qui ne fonctionne pas et nous rend malheureux, simplement parce que nous avons trop peur de lâcher ce que nous avons toujours cru être ainsi. Pourtant, dans le fond, nous savons très bien que ce n’est pas ce que nous sommes, mais que c’est simplement un comportement que nous avons choisi d’adopter durant l’enfance, une manière d’être et de faire que nous avons trouvé pour nous protéger et nous sentir plus en sécurité. Devenu adulte, nous devrions être capables de lâcher toutes ses attitudes et ses façons de penser qui ne nous correspondent plus, mais nous continuons d’être ce petit enfant apeuré qui s’accroche à son nounours.

Aidée jour après jour par mes rêves et mes états de conscience nocturne, je pu commencer à laisser aller petit à petit toute cette colère. Cette colère qui, à première vue, était dirigée vers les autres; ces autres à qui je me devais de faire plaisir et que je considérais comme étant responsables de ma frustration. Ils osaient m’en demander toujours plus, ne me respectaient pas et n’étaient même pas reconnaissant de ce que je faisais pour eux. Mais je pu assez vite apercevoir une réalité plus vaste, celle d’une colère contre celle qui acceptait tout ça, celle qui ne se donnait pas le droit de refuser au point de ne plus respecter ses propres désirs, ses propres besoins et ses propres envies. Cette colère était en fait dirigée vers moi seul et j’en étais la seule responsable. Je ne peux pas demander aux autres d’être différents de ce qu’ils sont, je ne peux pas les changer, la seule chose que je puisse faire c’est de moi-même changer. Je suis responsable de cette situation et c’est donc à moi qu’il appartient le pouvoir de la changer.

J’étais décidée… mon intention était pure, ma volonté profonde et mon cœur me soutenait dans ce qui je savais serait une épreuve pour moi, mais quoi qu’il arrive, le prochain qui me demanderai quelque chose que je n’aurai tout simplement pas envie de faire, se verrai essuyer un refus de ma part! Peu importe sur qui ça tomberait…

Et c’est donc hier après-midi qu’est arrivé « le challenge ». Ma meilleure amie, que j’adore et avec qui j’ai une relation très profonde et sincère me laisse un message sur mon téléphone où elle me demande de l’aider pour un boulot. Je ferme les yeux pour écouter mon cœur, histoire d’être sûre, mais de la même façon que je l’avais ressenti au moment ou j’avais écouté le message, je sens ma poitrine se serrer. C’est confirmé, je ne dois pas le faire! Ma décision est donc prise: je ne le ferai pas. Mon cœur est ravi, il se sent léger et détendu, mais je ne peux pas en dire autant de mon mental qui imagine toutes les façons possibles pour refuser et toutes les justifications qui pourraient l’appuyer. Pourtant, je sais que si ce que je veux c’est me libérer de cette peur de dire « non », je vais devoir l’affronter les yeux dans les yeux. C’est donc de manière assez claire et ferme que j’ose lui répondre que je refuse de l’aider. Rien que de l’écrire, je ressens à nouveau cette espèce de culpabilité qui m’a envahie à ce moment… Ce n’est pas encore au point chez moi, mais j’y travaille et ça s’améliore de jours en jours. Puis forcément ce que je redoutais arriva: elle n’était pas très contente, son point de vue était tout à fait différent du mien. Tiens, je suis en train de me rendre compte que l’expression « avoir un point de vue » à vraiment beaucoup de sens, car il s’agit vraiment de ça. Notre façon de percevoir les chose ne dépend que du point où on se trouve et que de la vision que ce point nous permet de porter sur cette chose. Et, en général, notre point de vue se trouve toujours au-dessus de notre petite tête et nous empêche de voir au-delà de notre propre personne. Bref, nous avions donc toutes les deux un point de vue différent et n’étions capables de voir que ce qui touchait notre personne. Elle, sentait que c’était juste de me demander de l’aide et moi, je sentais que c’était juste de refuser. Cette situation m’a mise dans une colère monstrueuse! Je ne cherchais même pas à savoir ce qui se passait chez moi, je la sentais dans tout mon corps… J’étais furieuse de constater à quel point les autres pouvaient ne pas accepter mes décisions. Je ne refusais jamais rien et pour une fois que je me le permettais, on me le reprochait. J’attendais une forme de compréhension qui aurait pu me conforter dans ma décision et apaiser ma culpabilité, mais cela s’est passé tout à fait autrement.

J’ai passé une bonne partie de l’après-midi et presque toute la soirée dans cette indignation profonde que je ressentais comme juste et totalement fondée et tout était prêt dans ma tête pour avoir une discussion sérieuse avec mon amie et pouvoir mettre les choses au clair. Cependant, je savais que communiquer efficacement n’allait pas être possible dans l’état où je me trouvais et je décidai donc d’attendre le lendemain pour lui en parler et fort heureusement… Fin de soirée, j’ai médité et ouvert mon cœur et j’ai pu découvrir que derrière cette colère se trouvait surtout deux choses. La première était que j’attendais des autres qu’ils soient d’accord avec moi, qu’ils approuvent mes choix et me soutiennent dans mes décisions. Je voulais tout simplement que les autres soient et agissent comme je le désirais et qu’ils me permettent de ne pas me culpabiliser. Or, ce n’est pas à eux d’agir de manière à ce que je ne me culpabilise pas, c’est à moi à sentir que ce que je fais est juste et peu importe la façon dont ils le comprennent ou le perçoivent. Ma responsabilité est d’assumer mes choix et je n’ai pas à leur demander de le faire pour moi. La deuxième chose est que j’attends d’eux qu’ils me comprennent et qu’ils soient compatissant avec moi en acceptant mes décisions, or moi, j’étais tout aussi incapable de les comprendre et d’accepter leur réactions face à mes choix. J’en reviens donc à nos fameux « points de vue », car ce sont eux, lorsqu’ils ne sont pas assez élevés, qui ne nous permettent pas de voir plus loin que notre propre personne. Si nous arrivons à prendre plus de recul et à élargir notre vision des choses, nous pourrons dépasser les souffrances de notre ego et découvrir une réalité plus grande que nous.